On estime que plus de 20 millions de Canadiens seraient touchés par des troubles digestifs chaque année et le quart d’entre eux souffriraient du syndrome du côlon irritable. On diagnostique deux fois plus de troubles intestinaux depuis dix ans qu’on le faisait auparavant. Est-ce que ces plus nombreux cas révèlent une meilleure connaissance des symptômes par les patients et les professionnels de la santé ou est-ce tout simplement le fourre-tout des problèmes digestifs? Tour d’horizon complet sur le syndrome du côlon irritable.

Le syndrome en quelques mots

Le syndrome du côlon irritable apparaît souvent après un épisode de diarrhée infectieuse. On voit aussi souvent poindre le côlon irritable après avoir été infecté par une bactérie présente dans le tube digestif (comme H. pylori) et suite à la prise d’antibiotiques et d’antiacides. Ce syndrome serait aussi fortement lié aux habitudes de vie. Ainsi, le manque de sommeil, le stress, la consommation d’alcool, le tabagisme et la surconsommation d’aliments hautement transformés et peu nutritifs pourraient être à l’origine de l’apparition des premiers symptômes. Malheureusement, les femmes seraient plus souvent touchées que les hommes.

Tensions affectives, stress et troubles gastro-intestinaux?

Le syndrome du côlon irritable résulte d’une interaction complexe entre le cerveau et le système digestif. On associe très souvent le syndrome du côlon irritable à des tensions affectives, à un deuil ou à une rupture. Ces évènements peuvent alors créer un stress important, ce qui se répercute par des chamboulements au niveau du système digestif. Les épisodes de stress peuvent être aigues ou chroniques et ils augmenteraient davantage la motilité intestinale chez les patients atteints du syndrome du côlon irritable.

Parmi les facteurs qui peuvent causer l’apparition du stress, notons les blessures, la perte d’un emploi, les abus ou la violence, un divorce, etc. L’adoption de bonnes habitudes de vie ainsi que la gestion du stress peuvent aider. Il est donc conseillé de développer un plan d’action avec l’aide d’un professionnel de la santé qui permettra d’aborder ces problèmes et de trouver des solutions efficaces pour améliorer la qualité de vie.

Le microbiote intestinal

Plusieurs scientifiques se penchent désormais sur l’étude du microbiote intestinal, soit l’ensemble des micro-organismes vivant dans l’intestin, comme les bactéries ou les levures. Selon eux, des perturbations à ce niveau pourraient être à l’origine de plusieurs problèmes de santé, dont le syndrome du côlon irritable. Il semblerait que la flore intestinale des personnes atteintes du syndrome du côlon irritable soit différente de celle des personnes non atteintes.

Les symptômes du côlon irritable

Le syndrome du côlon irritable est caractérisé par de la douleur abdominale, des changements dans les habitudes de défécation (diarrhées ou constipation), une sensation d’évacuation incomplète et par la présence de flatulences et de ballonnements. Il touche majoritairement l’intestin, mais peut également se manifester par un reflux gastro-œsophagien ou de la dyspepsie.

Il n’y a pas de miracle!

Selon les résultats de plusieurs études récentes, l’hypno-thérapie, l’acuponcture et les médecines douces ne soulageraient pas les symptômes du colon irritable. Du côté des remèdes homéopathiques, l’ase fétide (asafoetida), une résine séchée extraite du rhizome d’un fenouil géant qu’on retrouve en Inde, aurait révélé des effets bénéfiques par rapport au groupe placebo. Cependant, ces résultats doivent être interprétés avec prudence en raison du faible échantillon et des résultats mitigés de cette étude.

La réduction du stress demeure une avenue intéressante.

Voici quelques recommandations à appliquer dans le cas du syndrome du côlon irritable 

  • Fractionner les repas.
  • Éviter les portions trop copieuses.
  • Boire beaucoup d’eau.
  • Manger lentement et bien mastique.
  • Éviter la gomme à mâcher.
  • Éviter la surconsommation de fructose et de sorbitol, deux types de sucres présents dans l’alimentation
  • Évaluer sa tolérance en lien à la consommation de certains aliments fermentescibles (qui fermentent dans le gros intestin, causant ainsi des gaz et des ballonnements). Parmi ces aliments, notons les légumineuses, les légumes de la famille des choux, le maïs, l’oignon, les pois, l’ail ainsi que les prunes.
  • Modérer sa consommation de boissons gazeuses et d’eaux gazéifiées.
  • Pratiquer régulièrement un sport.
  • La prise de probiotiques permettrait de soulager les symptômes communément associés au syndrome du côlon irritable. Attention! Seulement certaines souches de probiotiques auraient cette fonction. Renseigne-toi bien auprès de ton pharmacien.
  • Surveiller sa consommation d’alcool et de caféine qui peuvent exacerber les symptômes.

En résumé !

En conclusion, le syndrome du côlon irritable est une condition médicale qui ne doit pas être prise à la légère. Si tu as des symptômes gastro-intestinaux, il est conseillé de consulter un médecin qui pourra établir ou non la présence du syndrome ou d’une autre affection telle qu’une intolérance au gluten, au lactose ou aux FODMAPs (un groupe de glucides à chaîne courte et qui sont faiblement absorbés par l’intestin), d’une colite ulcéreuse ou de la maladie de Crohn.  

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